Le prix d’une séance est la première chose qu’on cherche, et c’est légitime. Le reste tient à ce que ce chiffre recouvre : ce qu’une heure d’éducation contient réellement, pourquoi le nombre de séances ne se prévoit pas, et pourquoi un tarif, quel qu’il soit, ne renseigne en rien sur la façon dont un chien va être traité.
Une séance d’une heure, 65 €
Ma séance individuelle dure une heure et coûte 65 €. Elle se passe en extérieur, à Valbonne ou à Sophia Antipolis, là où les difficultés se produisent réellement. Il n’y a pas d’autre formule d’éducation.
La garde de chien, en accueil familial chez moi, revient à 35 € la journée.
Ces deux prix sont les seuls, ils figurent sur l’accueil, et ils ne bougent pas selon le chien ou selon le problème. Un chien qui aboie sur ses congénères ne coûte pas plus cher qu’un chiot qui saute sur les invités, alors même que le premier demandera souvent plus de temps.
Ce que l’heure contient
Le bilan n’est pas un rendez-vous à part. Il occupe le début de la première séance, au même tarif que les suivantes. Je regarde le chien, j’écoute la description de ce qui se passe à la maison, et le travail commence dans la même heure.
D’un éducateur à l’autre, un même chiffre affiché ne couvre pas la même chose, et c’est de là que viennent la plupart des écarts entre deux annonces comparables. Une séance dure parfois trente minutes, parfois une heure et demie. Le déplacement est tantôt compris dans le prix, tantôt ajouté ensuite. Et chez certains, le bilan est un rendez-vous distinct, facturé avant la première séance de travail, ce qui double le coût de départ sans que rien n’apparaisse sur la page des tarifs.
Une bonne partie de l’heure ne sert pas à faire travailler le chien mais à l’observer, et c’est la part qu’on sous-estime le plus. La distance à laquelle il commence à fixer un autre chien, le moment exact où il cesse d’entendre son nom, la seconde où sa mâchoire se crispe avant qu’il n’aboie : ces seuils ne se devinent pas dans une description au téléphone, ils se mesurent en le regardant.
L’éducation se joue par ailleurs sur des fractions de seconde. Une récompense qui arrive deux secondes trop tard ne renforce pas ce que le maître croit renforcer : elle marque ce que le chien faisait à cet instant précis, c’est-à-dire souvent autre chose. Un article peut expliquer ce décalage, il ne peut pas montrer à quelqu’un qu’il le commet, alors que ce décalage saute aux yeux quand on est à trois mètres.
Combien de séances : personne ne peut le dire à l’avance
C’est la question qui vient toujours, et la réponse honnête est qu’elle ne se traite pas par téléphone. Je me méfie de qui annonce un nombre avant d’avoir vu le chien : c’est une formule qu’on vend, pas un travail qu’on évalue.
Un comportement gênant n’est presque jamais une lubie. C’est une réponse que le chien a répétée et qui a fonctionné pour lui, parfois des milliers de fois. Tirer fait avancer la promenade. Aboyer fait reculer ce qui inquiète. Sauter fait qu’on s’occupe de lui. Ce qui prend du temps, ce n’est pas d’apprendre autre chose au chien, c’est de rendre cette autre chose plus rentable à ses yeux que ce qu’il a répété jusque-là.
D’où le premier facteur, l’ancienneté. Un chien qui aboie depuis trois semaines et un chien qui aboie depuis six ans n’ont pas le même nombre de répétitions derrière eux, et l’écart de travail suit cet écart-là.
Le second facteur pèse encore plus lourd : ce qui se passe le reste de la semaine. Un chien apprend de ce qui se répète, pas de ce qui est intense. L’heure passée avec moi ne représente qu’une fraction minuscule de son temps éveillé ; le reste continue de lui enseigner quelque chose, dans un sens ou dans l’autre. C’est la fréquence qui pese ici, et non l’intensité : un chien retient ce qui se répète, et une séance longue le dimanche ne rattrape pas six jours pendant lesquels l’ancienne habitude a continué de fonctionner.
L’âge compte également. Entre six et dix-huit mois environ, beaucoup de chiens semblent oublier ce qu’ils savaient : le rappel se délite, l’attention se réduit, un chiot autrefois collant s’éloigne. Ce n’est pas de la désobéissance ni un échec de l’éducation reçue, c’est une période de remaniement qui se traverse, et elle allonge mécaniquement le nombre de séances par rapport au même travail mené à trois ans.
Ce qui relève du vétérinaire, pas de l’éducateur
Il arrive qu’un comportement ne relève pas de l’éducation du tout. Un chien dont le caractère change en quelques jours sans que rien n’ait changé autour de lui décrit souvent une douleur plutôt qu’un problème d’apprentissage. Les signes qui m’alertent en séance sont assez constants :
- un grognement qui apparaît quand on le touche à un endroit précis, alors qu’il acceptait ce contact avant ;
- une irritabilité soudaine chez un chien jusque-là tolérant ;
- un chien qui se lève ou s’assoit avec une hésitation nouvelle ;
- un rappel qui se dégrade en même temps que l’audition semble baisser.
Aucun nombre de séances ne corrige une arthrose, une otite ou une gêne digestive. Le vétérinaire passe avant l’éducateur dans ces cas-là, et quand j’ai ce doute, je le dis en séance et j’attends son avis avant d’aller plus loin.
Ce que je peux annoncer, c’est la fin
Le nombre de séances ne se prévoit pas, mais la sortie du travail, elle, se reconnaît. Quand le maître mène l’exercice seul, dans le lieu qui posait problème, et que le chien répond sans que j’intervienne, la séance suivante n’a plus de raison d’être. Je le dis à ce moment-là, et c’est précisément ce que la vente d’un forfait décidé à l’avance rend impossible.
Le prix ne dit pas comment l’éducateur travaille
Un tarif élevé ne garantit pas une méthode douce, et un tarif bas ne garantit pas l’inverse. Le prix ne renseigne sur rien de ce qui compte.
Un collier électrique ou un collier étrangleur produit souvent un résultat visible dès la première séance, et c’est exactement ce qui le rend trompeur. Ce qui disparaît alors, ce n’est pas l’émotion du chien, c’est son expression. Un chien qui aboyait par peur et qui se tait sous la contrainte a toujours peur : il a seulement appris qu’aboyer devient douloureux.
Deux effets suivent, souvent des mois plus tard. Le premier tient à ce que le chien associe à la douleur. Elle survient pendant qu’il regarde un congénère, et c’est ce congénère qui devient, dans sa tête, la cause de ce qui lui arrive ; la peur qu’on voulait éteindre s’aggrave. Le second est plus sérieux. Le grognement, l’aboiement, le raidissement sont des avertissements : ils préviennent avant la morsure. Un chien à qui l’on a appris à les taire peut passer directement à la morsure, sans le préavis que son maître avait pris l’habitude de lire. C’est ainsi qu’un résultat rapide se retourne contre celui qui l’a obtenu.
De tout ce qui distingue deux prestations affichées au même prix, une seule chose décrit une méthode : ce qui se passe concrètement quand le chien se trompe. Elle sépare celui qui interrompt le chien de celui qui lui montre quoi faire à la place, et c’est la question qu’il vaut la peine de poser au téléphone.
Je travaille à la récompense, sans collier étrangleur, électrique ou à pointes, et sans intimidation. Je suis titulaire de l’ACACED, l’attestation obligatoire pour exercer, après deux ans de formation à l’IFSAnimal. Ce que recouvre cette attestation, et ce que révèlent les réponses d’un professionnel sur sa façon de faire, sont détaillés dans l’article sur comment choisir un éducateur canin et vérifier ses diplômes.