Vous partez dix jours, votre chien ne peut pas venir, et les options vont du voisin au chenil. La pension en box et l’accueil chez un particulier ne font pas vivre la même chose au chien.
Cinq formules, et ce qui les sépare
Cinq formules existent : le proche qui prend le chien chez lui, le pet-sitter qui passe à votre domicile une ou plusieurs fois par jour, le home-sitting où quelqu’un s’installe chez vous, la pension en box où le chien dort dans un enclos individuel au milieu d’autres chiens, et l’accueil familial où il vit dans la maison du gardien avec quelques chiens au plus.
Ce qui les sépare tient moins au prix qu’à ce que chaque chien encaisse. Un chiot a besoin d’une présence en journée, de sorties fréquentes pour la propreté, et d’un lieu où ses vaccins encore incomplets ne l’exposent pas. Un senior tient à ses repères et à ses horaires. Un chien qui ne supporte pas la solitude a besoin de quelqu’un dans la maison la nuit ; le box, où il passe l’essentiel de ses journées enfermé, aggrave exactement ce qu’il a déjà. Un adulte sociable et sans peur particulière s’adapte à presque tout, y compris à une pension collective sérieuse. Plus l’absence s’allonge, plus la présence de quelqu’un la nuit pèse dans ce que le séjour coûte au chien.
Ce que le chien vit dans un box
Dans une pension en box, le chien occupe un enclos de quelques mètres carrés, bétonné ou grillagé. Il en sort quelques fois par jour dans un parc de détente, seul ou en groupe selon la structure. Ces établissements accueillent beaucoup de chiens en même temps ; une partie des gardiens habitent sur place, d’autres rentrent chez eux le soir. Le vaccin contre la toux du chenil y est exigé, à raison : la densité favorise la contagion.
Certaines pensions font du bon travail : enclos propres, sorties réelles, personnel formé. Le chien y vit comme dans un dortoir : nourri, sorti, mais entouré d’aboiements et sans contact humain prolongé. Un adulte solide traverse ce genre de séjour sans que cela laisse de trace. Un chien anxieux en revient souvent plus anxieux, et il lui faut ensuite plusieurs jours pour retrouver son sommeil et son appétit.
Ce que change une maison, et pour quel chien
En accueil familial, le chien entre dans la maison du gardien. Il dort à l’intérieur, sans box ni cage, avec un petit nombre d’autres chiens, et quelqu’un reste présent la nuit. Il garde une vie proche de la vôtre, avec des horaires. Cela fait toute la différence pour un chiot, un senior ou un chien anxieux : un chien qui ne mange plus depuis deux jours au milieu de vingt autres ne le signale à personne, alors que dans un salon cela se voit le premier soir.
Le mot accueil familial ne garantit d’ailleurs rien à lui seul : il décrit un cadre, pas un nombre. Huit chiens dans un salon reproduisent les conditions d’un chenil sans les box, avec la surveillance en moins puisque personne ne peut suivre huit chiens à la fois.
Le chien qui reste chez lui entre deux visites
Le maintien à domicile, par visites ou par home-sitting, convient au senior qui perd ses repères ailleurs, au chien dont l’anxiété de séparation est forte, et à celui qui supporte mal un lieu inconnu.
Les visites ont une limite qui tient à l’arithmétique : deux passages de trente minutes laissent le chien seul vingt-trois heures par jour. Un chien habitué à la solitude s’en accommode ; un chien qui panique dès que la porte se ferme passe ses vacances à paniquer, sans personne pour le voir. Le home-sitting résout ce point, à condition d’accepter un inconnu chez vous.
Je ne me déplace pas à domicile : je garde les chiens chez moi, à Valbonne, dans une maison avec jardin clos, jamais en chenil.
Garder un chien contre paiement est une activité déclarée
Dès que la garde est payée, le gardien exerce une activité réglementée, qu’il accueille un chien ou vingt. L’ACACED en fait partie : une attestation de connaissances obtenue après une formation et un test, à laquelle s’ajoute la déclaration de l’activité auprès de l’administration. Une assurance de responsabilité civile professionnelle couvre le chien s’il se blesse ou blesse quelqu’un pendant la garde. Un ami qui rend service gratuitement n’est tenu à aucune de ces obligations, et ce qui le couvre, le cas échéant, est sa responsabilité civile personnelle plutôt qu’un contrat souscrit pour garder des chiens. L’article sur les diplômes d’un éducateur canin dit ce qu’elle couvre.
Un gardien sans formation gère très bien un chien qui va bien. Le problème arrive quand le chien refuse de manger deux jours, panique au premier orage ou grogne à la gamelle. La formation apprend à lire ces situations avant qu’elles ne dégénèrent. Un gardien qui répond « avec moi, tous les chiens s’entendent » n’a pas encore rencontré celui qui cherche la bagarre à chaque repas.
Ce qui fait rater une garde, même bien choisie
Une garde échoue rarement à cause du lieu, mais sur ce qui l’entoure. Il y a d’abord la toute première fois. Un chien qui n’a jamais dormi ailleurs et à qui l’on demande d’emblée quinze jours découvre tout en même temps : la maison, les odeurs, les autres chiens, et votre absence. L’article sur la première garde décrit ce que cette séparation demande.
Il y a ensuite le dépôt. Un propriétaire ému qui répète « ça va aller » pendant cinq minutes ne rassure pas son chien : ce qu’un chien lit dans cette scène est la voix et la posture, pas le contenu rassurant de la phrase, et quelques minutes d’inquiétude lui apprennent que l’endroit mérite d’être craint.
Il y a enfin ce qu’on ne dit pas. Un grognement à la gamelle, une panique dès qu’il reste seul : le gardien qui l’apprend le deuxième jour décide dans l’urgence, avec un chien qu’il connaît depuis la veille, et il refusera la fois suivante. Celui qui le sait avant l’arrivée organise ses repas et ses sorties en conséquence, et la question du refus ne se pose plus dans les mêmes termes.
Il arrive qu’aucune formule ne convienne : le chien panique dès que vous prenez vos clés, ou il a déjà mordu un gardien. Le problème dépasse alors la garde. Un comportement qui bascule en quelques jours a souvent une cause physique, une douleur, une vue qui baisse, un trouble hormonal, et une morsure qui a fait des dégâts appelle le même examen : c’est le terrain du vétérinaire avant celui de l’éducation. La solitude est traitée à part dans l’article sur le chien qui ne supporte pas de rester seul.
Le chien réactif, et ce qu’une rencontre montre
Le refus d’une pension collective devant un chien réactif s’entend souvent comme un rejet, alors qu’il décrit une contrainte de lieu. Ce chien-là passerait son séjour en état d’alerte permanent, et un chien qui reste au-dessus de son seuil pendant dix jours ne revient pas au point où il était parti.
Ces chiens sont le cas que je travaille le plus, en garde comme en séance avec les propriétaires de chiens qui aboient en croisant un autre chien. Je les reçois chez moi après une rencontre préalable, avec vous et lui. Je les garde seuls, ou avec une cohabitation testée pendant cette rencontre et refusée si elle ne passe pas, et je les sors aux heures calmes. C’est à ce moment-là que je sais si je peux le prendre et à quelles conditions, depuis Antibes comme ailleurs.
Trois choses se voient pendant cette rencontre et ne figurent dans aucune description : la façon dont le chien traverse une maison qui n’est pas la sienne, ce qu’il devient quand son propriétaire sort de la pièce, et la seconde où il se raidit avant d’aboyer. C’est là que se décide ce dont il a besoin pendant l’absence, et si je suis le bon endroit pour lui. Quand un séjour révèle un problème qui ne relève plus de la garde, il se poursuit en séance, à Valbonne et à Sophia Antipolis.